Intervention policière dans un collège
COMMUNIQUE DE PRESSE – 2 décembre 2008
Halte aux gendarmes et chiens policiers dans les écoles
La FCPE du Gers appelle au rassemblement
vendredi devant le collège de Marciac
Le papa de la jeune Zoé, élève de 13 ans en 4
e au collège de Marciac, victime la semaine
dernière des méthodes très agressives des gendarmes lors d’une opération anti-drogue en plein cours, appelle à un fort rassemblement de tous les citoyens hostiles à ces opérations indignes de la République vendredi, à 17 h 30, devant le collège de Marciac.
La FCPE du Gers qui s’est fortement indignée dès le début de cette affaire, qui a interpelé
les élus locaux, régionaux, les parlementaires, les personnalités judiciaires et administratives du département, adhère pleinement à cet appel.
Elle demande à son tour à tous les citoyens choqués par ces méthodes (irruption en salle
de classe, lâcher d’un chien renifleur non muselé, interpellation humiliante, fouille au
corps d’une enfant de 13 ans dans le couloir) à se rassembler très nombreux devant le collège de Marciac à 17 h 30 ce vendredi.
C’est l’heure à laquelle doit débuter le conseil d’administration du collège présidé par son
nouveau principal responsable de cette opération. Ce sera l’occasion de lui faire savoir,
mais également à tous les chefs d’établissements scolaires du Gers et de la France entière
que la population qui leur confie ses enfants réprouve fermement leur attitude de complicité et la grande confusion qu’ils font entre leur rôle d’éducateur et d’auxiliaire de police.
Une nouvelle fois, la FCPE du Gers comprend la nécessité de la lutte anti-drogue mais
s’oppose et s’opposera fermement chaque fois que l’on confondra salle de classe et voie
publique. Les salles de classe ne sont pas des lieux de non droit car ce sont des lieux ou
l’on forme les hommes et les femmes de demain, de futurs citoyens respectueux de leur
pays et de ses lois. Le non-droit, c’est l’irruption brutale et terrorisante, les remarques
désobligeantes, les désignations humiliantes, les fouilles agressives.
Halte à ces méthodes indignes d’un pays de droit !
Halte à la présomption de culpabilité systématique !
Halte au piétinement des libertés individuelles et collectives !
Halte à la criminalisation de nos enfants !
Venez nombreux dire votre indignation devant les portes du collège de Marciac, vendredi
5 décembre à 17 h 30.
………………………
Contact
: Pierre-Yves SARRAT, président départemental de la FCPE, 06 88 15 75 73 – py.sarrat@orange.fr
Pour information voici le témoignage d'un parent et d'une élève de cet établissement
voilà que ce WE, j'accueille ma fille Zoé ˆelle a 13 ans- de retour du collège de Marciac.... Elle me raconte son mercredi au collège....colère à l'intérieur de moi.... révolte...... que faire???
J'ai demandé à Zoé d'écrire ce qu'elle me disait là. Elle a accepté.
Voici donc son témoignage, avec ses mots à elle :
« Il nous l'avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient venir nous faire une prévention pour les 4ème et les 3ème.
Ce mercredi là (19/11/2008), toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs.
A peine 10 minutes plus tard ˆ nous étions assis-, deux gendarmes faisaient déjà le tour de la salle où nous étions. La prof avec qui nous étions, les regardait en nous disant « Ils font leur ronde!?? » . Elle n'était à priori au courant de rien bien sûr. Soudain , la porte s'est ouverte, laissant entrer deux gendarmes... Enfin non, pas exactement!!! Il y avait un monsieur chauve habillé en militaire ( le dresseur de chien en fait!) et un gendarme très gros.
Le chauve nous a dit: « Nous allons faire entrer un chien! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas! Quand il mord, ça pique! »
Enfin il a dit ça, à peu près... Je me rappelle surtout du « Quand il mord, ça pique! »
Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres gendarmes et le chien. Les gendarmes se sont placés aux deux extrémités de la classe tandis que le dresseur regardait son chien déjà à l'∏uvre. Le chien s'appelait Bigo. Bigo s'est acharné sur plusieurs sacs, en mordant et arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son bureau bouche bée.
Le chien s'est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le dresseur a claqué des doigts en disant: « Sortez mademoiselle, avec toutes vos affaires! » Elle a rangé son sac, s'est levée et s'est apprêtée à sortir mais le dresseur l'a repris vite: « Et ton manteau! » Elle a rougi et emporté aussi son blouson.
Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties.. Le chien vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps avant de s'empresser de me faire sortir. Dehors m'attendait une petite troupe de gendarmes... Enfin, non, pas dehors: nous étions entre deux salles de classe.
Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller une autre fille. Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand ils eurent fini, ils s'emparèrent de mon sac et le vidèrent sur le sol. Un gendarme me fit vider les poches du devant de mon sac. Il vérifia après moi. Je n'étais pas la seule élève. Avec moi, il y avait une autre fille qui se faisait fouiller les poches par une gendarme.
Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes doublures.
La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger sur les personnes qui l'entouraient chez elle. Elle assurait que personne ne fumait dans son entourage. Ils la firent rentrer en classe.
C'était à mon tour! La fouilleuse me fit enlever mon sweat sous le regards des deux autres gendarmes.....
Je décris: Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l'intention de l'autre gendarme: « On dirait qu'elle n'a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier! On ne sait jamais... » Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte! Les gendarmes n'exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas!!!!!!
Je dis à l'intention de tous « C'est bon arrêtez, je n'ai rien!!!! »
La fouilleuse s'est arrêtée, j'ai remis mon sweat et mon fouilleur de sac m'a dit: « tu peux ranger! ».
J'ai rebouché mes stylos et remis le tout dans mon sac et suis repartie en classe après avoir donner le nom du village où j'habite.
De retour en classe, la prof m'a demandé ce qu'ils ont fait. Je lui ai répondu qu'ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et j'ai eu du mal à me consacrer au math!
Tout ça c'est ce que j'ai vécu mais mon amie dans la classe à coté m'a aussi raconté.
Le chien s'est acharné sur son sac à elle et elle a eu le droit au même traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l'ont carrément emmené à l'internat où nous dormons. Le chien s'est acharné sur toutes ses affaires m'a t-elle dit. Le gendarme lui a demandé si elle connaissait des fumeurs de hash, vue qu'ils ne trouvaient rien. Elle leur a simplement répondu que le WE dernier elle a assisté à un concert!
Le CPE l'a ramené ensuite au collège et elle m'a raconté.
Après les cours, le principal a rassemblé tous les élèves et nous a dit que bientôt allait avoir lieu une prévention pour tout le monde.
Une prévention? Avec des chiens? Armés comme aujourd'hui?
Une élève de 4ème nous a dit que le chien s'est jeté sur son sac car il y avait à manger dedans. Elle a eu très peur.
Les profs ne nous en ont pas reparlé....Ils avaient l'air aussi surpris que nous!
Tous les élèves de 3ème & 4ème ont du se poser la même question: Que se passe t il?
Et tous les 6ème et 5ème aussi même si ils n'ont pas été directement concernés! »
Zoé.D.R
Qu'en pensez vous? Que dois je faire ? Qui parle de violence ?
Il me semble important d'écrire ici que ni le principal, ni quiconque du collège a juger important de communiquer sur ces faits( ???). Nous sommes lundi 24/11/2008, il est 15h30 et si Zoé ne m'en avait pas parlé, je n'en saurais rien.
Combien de parents sont au courant ?
Les enfants « victimes » -et je pèse ce mot- de ces actes sont en 4ème et 3ème.
Ils ont donc entre 12 et 14 ans ! Je n'en reviens pas∑.
Frédéric